Désormais notre patrie doit être l'univers. Flora Tristan Une véritable paix n'est pas que l'absence de tensions, mais la présence de la justice. Martin Luther King, Jr. On peut résister à l'invasion d'une armée, pas à celle d’une idée dont le temps est venu. Victor Hugo Avec la liberté viennent les responsabilités. Nelson Mandela *

Architecture de la gouvernance mondiale

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Repenser la gouvernance mondiale

Après la chute de l’Union Soviétique en 1991, l’avenir de l’architecture de la politique mondiale passe pour certains par la mise en place d’un système de gouvernance mondiale. La problématique de la gouvernance mondiale se caractérise par le passage d’un scénario de régulation du pouvoir des États pour éviter les déséquilibres et la rupture du statu quo, à un autre où il faut redéfinir le droit international et le rôle des institutions internationales d’après leur vrai potentiel à arbitrer sur la gestion des problèmes planétaires. Pour y arriver, les auteurs estiment que plutôt que de rêver d’une démocratie mondiale ou d’un gouvernement mondial hypothétiques, il semble plus raisonnable d’avancer progressivement, en définissant les problèmes et les objectifs, avec une approche similaire à celle adoptée pour bâtir l’Union Européenne.

La chute de l’union soviétique en 1991, plus que le choc du 11 septembre 2001, a marqué la fin d’une très longue période de l’histoire internationale, celle dite de l’ « équilibre ». Depuis cet événement historique, la planète est en phase de rupture géostratégique. Le modèle de la « sécurité nationale » et bien que toujours en vigueur pour la plupart des gouvernements, laisse place progressivement à une conscience collective émergeante qui dépasse ce cadre étriqué.

Pour certains, dont nous faisons partie, l’avenir de l’architecture mondiale passe par la mise en place d’un système de gouvernance mondiale. Or, aujourd’hui l’équation se complique sensiblement : alors qu’auparavant, il s’agissait essentiellement de réguler, et de limiter, le pouvoir individuel des États pour éviter les déséquilibres et la rupture du statu quo, il est désormais impératif de peser collectivement sur le destin du monde en instaurant un système de régulation de ces nombreuses interactions qui dépassent l’action des États.

Le problème principal de la gouvernance, problème auquel nous devons faire face chaque jour dans notre vie quotidienne, est que des institutions ont été mises en place qui définissent leurs objectifs par rapport à leurs compétences (et leurs limites) alors qu’elles devraient faire l’inverse. La problématique de la gouvernance mondiale se caractérise par le fait que les objectifs se définissent à travers un vide institutionnel au niveau international -l’ONU, et plus généralement le droit international public, jouant le rôle de l’arbre qui cache la forêt - qui fait que ce sont les États qui sont amenés à résoudre des problèmes qui dépassent leurs compétences et même leur compréhension. Or, comment l’État dont les institutions sont mal armées pour résoudre des problèmes domestiques pourrait-il prétendre résoudre des problèmes qui dépassent son cadre politique ? A ce titre, le concept de « sécurité collective » ne fait que repousser le problème puisque cette sécurité n’est qu’un agrégat d’institutions étatiques. Il est significatif que le concept de gouvernance en lui-même est perçu comme un tout qui ne fait que peu de distinction entre la gouvernance du local, du national et du mondial, les objectifs sur ces divers niveaux étant souvent proches ou interconnectés.

Comment concilier gouvernance et gouvernance mondiale ? C’est bien là que se trouve le noeud du problème puisque la clef de l’histoire des relations internationales se trouve justement dans le fait que ces deux problèmes ont été abordés de manière radicalement différente et même opposée.

Le problème auquel sont confrontés ceux qui voudraient voir émerger une véritable architecture de la gouvernance mondiale est que la réalisation de ce que l’on rêve de bâtir ne ressemble en rien à ce qu’on pourrait éventuellement construire, étant donné les contraintes, les limites et les obstacles qui sont les nôtres et qu’on l’on est souvent tenté d’occulter ou de minimiser. Donc, plutôt que de rêver d’une démocratie mondiale chimérique ou d’un gouvernement mondial hypothétique, il nous semble beaucoup plus raisonnable d’avancer progressivement, en définissant les problèmes et les objectifs pour envisager le type de structures et d’institutions susceptibles d’engager des actions vigoureuses pour solutionner les problèmes donnés, et précis. Ce n’est qu’en avançant de la sorte que pourra éventuellement se dessiner une « gouvernance mondiale » digne de ce nom, et dont il est impossible d’envisager à l’avance ce à quoi elle pourrait ressembler puisque, par définition, elle épousera la forme des objectifs qu’elle se fixe au fur et à mesure.

Cette approche ne ressemble en rien à celle des architectes de la Société de nations après la Première Guerre mondiale, ou de l’ONU après la Seconde, ni même, en remontant plus loin, au rêve internationaliste qu’entretenait Henri IV avec son « Grand Dessein » pour l’Europe. D’un point de vue philosophique et politique, notre approche serait plus proche de celle qui fut adopté par Jean Monnet et les premiers architectes de celle qu’allait devenir l’Union Européenne.

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